> [!note]
> Je n’ai pas de souvenir exact de comment j’en suis venu à participer au concours. Je traînais sans doute sur quelque site de nouvelles et l’information a dû me passer devant le nez. Pourquoi pas. Visiblement, j’ai été inspiré.
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> En rétrospective, comme pas mal de petites choses que j’ai écrites au lycée et au début de mes études supérieures. Certaines phrases se pensent sans doute plus malines qu’elles ne le sont vraiment et, globalement, pas mal d’ajouts tire un peu sur la corde du démonstratifs. Globalement, mon usage de la virgule, comme pour accentuer chaque millimètre carré de texte est un aussi peu exagéré.
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> Cependant, je suis content aussi parce que j’ai eu un petit dessin de ma tête et un T-shirt jaune d'Amnesty International beaucoup trop grand, pas mal. Ci-joint les liens des rencontres et d'Amnesty.
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> https://plumesrebelles.fr/histoire-des-plumes-rebelles/
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> https://plumesrebelles.fr/category/2019/
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> https://www.amnesty.fr/
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> ![[../../_site-assets/Plume Rebelle - Lauréat étudiants (2019)/image.png]]
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> Je ne suis malheureusement pas sûr de la personne qui a fait ce dessin.
# Dans le froid
*Quelques mots, noirs sur le mur gris, blancs dans la pénombre. Sombrement sur les ressorts, je songe. Quelques mots, chauds, dans l’enclos froid de ma cellule.*
*On est au petit matin, la buée colle à la vitre, troublé au travers, le monde extérieur s’étend, inexorablement. Le café me brûle les lèvres, cuit ma gorge sèche, les miettes de la veille, l’avant veille, l’avant avant veille me rentrent dans la plante des pieds… il serait temps de faire le ménage. Le ventre vide, le teint rougi, la langue mise à blanc par la caféine, je sors de l’immeuble, de la tour où se trouve mon donjon de 8 mètres carrés.*
*À 7 heures, le journal est vide, comme à toutes heures d’ailleurs. Les effectifs disparaissent, comme par politique, comme par austérité, comme par censure. Une sorte de magie noire s'abat sur la presse, les idées, l’opposition, allez savoir pourquoi, parler est devenu un luxe. Peut-être l’a-t-il toujours été… peut-être bien oui, mais aujourd’hui son coût semble avoir encore augmenté.*
*Le calendrier affiche 7 juillet, nous sommes le 28 août. À l’autre bout de la pièce, au travers du no man’s land de l’open space, Jalane me regarde, me fait signe que le patron veut me voir. Je ne sais ce que cela ferait de pouvoir dire ce que l’on pense, là, sans rien pour nous arrêter… Quand on a froid on désire le chaud, quand on a chaud on désire le froid, jamais il ne fait tiède.*
*Les stores sont descendus, la porte fermée, toute cette cérémonie m’exaspère, je sens bien les glyphes invisibles dessinés sur toutes les parois de ce caisson. Vous êtes congédié, renvoyé, viré, sorti, limogé, expulsé, lourdé, balancé, braqué.*
*Dehors, il pleut. Je ne me suis pas énervé, pourquoi l’aurais-je fait ? Je n’ai jamais remercié aucun miracle, je ne m’offusquerais d’aucun malheur. Ça me trottait depuis longtemps, c’est enfin arrivé, c’est presque un soulagement, presque… Je n’ai jamais été bonne plume mais je n'étais pas du corps disons, j’ai donc écrit, c’est ce qu’on fait lorsque l’on est convaincu d’un bien-fondé, nos mots portent le poids de nos idées, et nous, on se retourne vers la caverne, regardant de loin si notre minable explosif artisanal fonctionne. Évidemment mes bombes de mots n’explosent jamais.*
*Dans la ruelle, le van est passé en un instant, le sac en une fraction, le chloroforme a vite agi.*
*Plus je regarde ces murs sans forme, ces barreaux rouillés, et plus mes certitudes se forgent. “Ici meurent mes doutes et avec eux, un libre-penseur” voilà ce qui restera inscrit sur ces murs tant qu’il seront mon seul horizon, gris et vide. Contrairement à ce que l’on dit de la prison, on n’y doute pas, jamais. Et là, maintenant, j’aimerais seulement avoir chaud.*
## Galerie
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